31 août 2004
Le pouvoir factice de la photo
Recevoir un message complimentant sur son physique est toujours agréable. Je ne peux cependant m’empêcher de dire que la photo est réussie.
Car celle-ci n’est pas censée correspondre à la réalité. La photo, comme l’est un film, est une représentation de la réalité. Elle adopte un point de vue par l’angle choisi, sa netteté ou son flou artistique (voulu ou non), ses couleurs,… Et assez logiquement on choisit la photo à afficher en fonction du but que l’on veut lui assigner. Elle sera souvent avantageuse et tentera de donner un certain état d’esprit de soi-même (qui peut être différent en fonction du site sur lequel elle est montrée).
Dès lors, je n’imagine pas pouvoir me dire que quelqu’un est mignon sur base d’une seule photo. Il faut sans doute plusieurs photos pour parvenir à mieux cerner la personne. Et encore cela ne suffira jamais…
Prenons un exemple : la photo est devenu un passage obligé pour se décider à rencontrer une personne après un premier contact sur le net (chat), le but recherché étant principalement le sexe ou la recherche d’un boyfriend (ce qui ne change rien dans l’exemple).
Lorsque la rencontre a lieu, la déception peut s’installer. "Ah oui c’est bien lui mais je ne l’imaginais pas comme cela". On se fait un fantasme sur base de la photo transmise et notamment on imagine ce que l’on ne peut connaître sur base du cliché reçu : l’attitude. Or c’est un élément vital à mon sens du désir : il englobe la façon de s’habiller, de se mouvoir dans l’espace, de s’exprimer (la voix et l’intonation), la force du regard. La photo peut traduire déjà cela mais va-t-elle traduire l’attitude générale la plus courante? Ainsi, récemment j’ai eu le cas: sur base des photos, je m’attendais à trouver en face de moi un mec bien fait de 1m85 et je suis tombé sur un physique correspondant globalement aux photos (quand même moins bien) mais plus effeminé dans les mouvements et surtout dans la façon de parler. Autant dire que mon désir n’était plus du tout au rendez-vous (ce qui n’a pas empêché une bonne soirée amicale bien que le non-dit de la situation m’ait gêné – il est tellement difficile de dire à quelqu’un oralement qu’il ne plaît pas mais mieux vaut sans doute le faire constater que le dire directement).
Je crois effectivement qu’il s’agit d’un élément essentiel du désir. Il n’est pas tout de dire que quelqu’un est mignon pour qu’il plaise. Je suis encore plus attentif à cette « attitude » car c’est elle qui crée le désir plus que la plastique qui m’aura préalablement attiré le regard.
16 août 2004
Joyeux anniversaire
Cela pourrait paraître paradoxal : alors que nous fêtions ce week-end nos 7 ans de couple, nous avons fait deux trios à deux jours d'intervalle. Notre cadeau à nous finalement.
Nous avions déjà entamé notre semaine chaude début de semaine avant ce vendredi, puis ce samedi.
Je crois à la loi des séries. A certains moments, vous cherchez sans rien trouver et puis d'un coup tout se met en place miraculeusement. Il faut donc profiter des opportunités. D'autant que ces 2 garçons nous plaisaient depuis deux ans (ce qui est rare, le temps a tendance à mettre en évidence les défauts, à « désexyser » les gens).
Nos trios, c’est notre manière de rester fidèle. Nous faisons tout ensemble. Nous nous partageons donc d'autres mecs. Il serait trop dommage tant qu'on est jeunes et beaux (sic!) de se priver du contact corporel de quelques jolis garçons quand le désir est là (et comment nier qu'il n'y soit pas?).
Le sexe c'est aussi un contact social. Même si ce n'est pas toujours le cas, cela nous paraît normal de revoir le mec ensuite en toute amitié. Ceux de la semaine dernière en font partie. Notre relation aura déjà un peu d'avance puisqu'on aura partagé une intimité.
Ce qui est plutôt étonnant pour nous, c'est le nombre élevés de partenaires en si peu de temps (tout est relatif évidemment; un ami s'est fait 4 mecs à la suite en une soirée samedi...). Profiter des opportunités certes mais on va finir par nous traiter de "performateurs" (terme que j'aime bien utiliser car il illustre assez bien la situation de toute une bonne part de dragueurs).
Cette période de sexe est révélatrice: je vais mieux. Pendant 3 mois, je n'ai pas pu imaginer cela (trop mal physiquement et surtout mentalement). Cet épisode traduit une libération de mes soucis, de mes angoisses. Jusqu'à quand, je ne sais pas. Mais c'est toujours cela de gagné...
15 août 1997
Une date-pivot, celle de notre premier baiser. Pas mal d'eau, de sang, de sperme ont coulé depuis lors.
Des années de vie en commun. Cela peut sembler long pour un couple gay. D'autant plus pour nous vu que nous faisons (quasi) tout ensemble. Mais nos caractères forts nous maintiennent sous pression tous les deux, empêchant l'ennui de s'installer entre nous.
Un revers de la médaille: les rapports de force (constamment en mouvement) qui caractérisent notre relation laissent moins de place à la tendresse que dans d'autres couples. Cela peut constituer un manque mais pas suffisant pour parler de besoin inassouvi.
Malgré notre côté pas du tout romantique, nous avons fêté notre anniversaire au resto.
Avant de connaître plus tard d'autres tribulations, pour le moins inattendues... (à lire ailleurs)
15 août 2004
L'amour à trois
Moi ce que j'aime,
c'est faire l'amour
spécialement à trois.
Je sais, c'est démodé
ça fait hippie complet
mais je le crie sur les toits
j'aime l'amour à trois !
Moi ce que j'adore,
c'est les petites caresses
à 4 mains.
Si l'un des 2 s'endort,
l'autre s'occupe de moi
ouh! voila l'amour à trois.
OOooouuuuUUUuuuh... j'aime l'amour à trois
Moi ce que j'aime,
c'est faire l'amour
spécialement à trois.
Je sais c'est démodé
ça fait hippie complet
mais je le crie sur les toits
j'aime l'amour à trois !
C'est sexy, extatique, crazy, excentrique,
animal, romantique, c'est communiste
OOooouuuuUUUuuuh... j'aime l'amour à trois
Vive l'amour à trois!
(L’amour à trois, Stéréo Total)
14 août 2004
Nationalisme
Un concept quasi inexistant en Belgique Francophone. Vu la proximité avec nos voisins d’Outre Quiévrain, bien plus nombreux et de même culture (on partage la même langue, les mêmes références littéraires, télévisuelles,…), nous adoptons le ton de l’ironie, de la distanciation par rapport à un sentiment qui nous apparaît désuet (exemple : pourquoi suis-je nommé le petit belge par quelqu’un qui n’est ni mon aîné, ni mon supérieur ?). Nous sommes traversés par le nationalisme français d’un côté (même si le paternalisme français sur les belges me semble en train de changer) et la nationalisme flamand de l’autre côté. Alors que le français a eu historiquement primauté sur le néerlandais en Flandre, un mouvement d’émancipation culturelle s’est mis en place depuis 40 ans (plus ou moins je n’en sais rien) pour permettre une reconnaissance de la culture flamande. Depuis lors, cette identité s’est très fort développée et s’est transformée en véritable nationalisme au sein de la riche Flandre.
Il s’est immiscé dans tous les partis politiques sous l’impulsion de l’immonde Vlaams Blok (extrême-droite plus dangereuse encore que le FN français !) qui pourrit la vie politique flamande et belge tout court. Si on peut profiter de cet élan culturel flamand réel, il faut aussi se farcir une certaine culture populaire flamande assez féconde en merde musicale...
Enfin si je crache un peu sur la Flandre, je dois bien avouer que dans les alentours de Gand ou Louvain qu’on trouve les plus beaux mecs (et pourtant j’ai déjà parcouru une bonne partie de l’Europe).
Comme quoi, le Q arrange toujours tout !
08 août 2004
Egoïste!
Il est toujours difficile de savoir ce que les autres pensent de nous. Parfois, un malentendu peut s’installer dans la mesure où les gens ne peuvent nous voir que dans certaines situations particulières.
Un jour, mon copain m'a dit: tu es égoïste. Dans un couple, c'est facile d'éprouver un tel sentiment lorsque l'autre ne répond pas à son attente. Pourtant, il disait cela à tête reposée. Moi j'ai nié. On s'est expliqué et on est arrivés à la conclusion que je n'étais pas plus égoïste qu'un autre. Je ne me considère pas comme égoïste car je pense au bien-être de mes proches (au minimum ma famille, mon copain et quelques « close friends »).
Il est vrai que je ne réponds pas oui à toute demande. J’ai appris à écouter ce que mon corps dit. Je sais que si je me mets à entreprendre quelque chose que je ne suis pas prêt à faire, il va réagir tôt au tard. Je suis obligé d’écouter mes doutes, mes faiblesses, mes souffrances.
Je suis persuadé que l’on ne peut pas s’intéresser aux autres si on ne va pas bien soi-même. Il s’agit d’une donnée de base qu'il faut accepter.
Dès lors il est vrai que je ne suis pas généreux : lorsque les circonstances ne le permettent pas comme évoqué ci-dessus, j’en manque même pour des proches. C’est encore plus le cas pour ceux que je ne qualifie pas de proches, pour lesquels je ne me sens redevable de rien. Etre disponible pour autrui est déjà suffisamment difficile, je préfère dès lors réserver mon temps à ceux qui comptent pour moi. J’espère qu’ils savent qu’ils peuvent compter sur moi quand ils sont vraiment dans la merde et je sais que je n’ai jamais fait défaut dans ces moments-là.
Maintenant, quand il s’agit de petits problèmes d’intendance pour lesquels plusieurs solutions sont possibles, je me mets à réfléchir, à arbitrer le conflit entre le respect de soi-même et l'attention faite à autrui (à mes yeux, la générosité est une qualité qui peut se muer en défaut quand on l'applique naïvement). Et si j’accepte, je tiens au maximum au respect de l’engagement.
La générosité peut aussi s’exprimer vis-à-vis « d’inconnus ». L'investissement est parfois de courte durée : un sourire, une parole, un geste, une démarche, une attention.
Mon caractère indépendant, solitaire m’incite à ne pas rechercher constamment le contact d’amis ou simples copains mais dans le même temps, j’aime ces petites attentions qui se présentent dans la vie de tous les jours, indispensables dans une société au lien social devenu plus ténu.
Tout ceci me permet d’en arriver au sujet qui m’a inspiré toute cette réflexion : mon émotion suite à quelque(s) acte(s) de générosité. Quelques mots qui touchent. Pour lesquels je n’ai rien eu à répondre. La générosité est unilatérale, elle n’appelle pas de réponse, de réciprocité et c’est très bien ainsi. Elle n’est que pur don et pure réception. Cela suppose qu’elle puisse être vaine (ou pas) si un but se cachait derrière. Mais vain, cela ne l’est jamais si on prend l’acte de générosité pour ce qu’il est vraiment : un moment d’émotion partagée.





