Mo's blog

Des choses à dire...

15 février 2005

Vacances Canaries 2005 (part 4)

Samedi-dimanche

La fatigue aidant, nous consacrons la journée au repos. Nous nous contentons d’une visite du bord de mer en voiture. Nous nous arrêtons un instant dans un port (qui ressemble à St Tropez : beau mais chiant), puis dans un village typique un peu plus dans les terres.
Nous entendons quelques voix masculines chanter dans un bar. Visiblement éméchés. Un homme en sort quelques instants plus tard titubant.
Le village est calme. Quelques parents ramènent leurs enfants d’une activité. Bizarrement, dans ce village reculé, la rue est peuplée d’enfants jouant balle aux pieds et de jeunes adultes. Surprise aussi d'y découvrir au détour d'une rue, rentrant chez lui, le plus beau mec de l’île.

Le soir, nous suivons le même parcours de sortie que la veille. Je m’étonne tout de même de la motivation des gens qui passent une semaine de vacances à sortir tous les soirs en parcourant les mêmes endroits selon la même logique. L’habitude n’a cependant pas encore eu raison de nous.
Arrivé au bar où nous avions rencontré le couple allemand, je repère rapidement un beau garçon dans l’assistance. Il me fixe, je lui réponds par un sourire. Il rejoint l’intérieur du bar. Nous dansons quasiment face à face. Tout va si vite, si bien que je ne me pose pas la moindre question. Je finis par me rapprocher , pose une main sur sa hanche. Baiser fugace. Echange de prénom. Présentation à L. Discussion sommaire. L’hôtel n’est pas loin. Il accepte.
Il est tard mais trop tôt pour dormir. Tout s’est déroulé si rapidement que je n’ai pas profité suffisamment de la musique et de l’ambiance. Nous retournons à la boîte de la veille. Je danse, me défoule. Je ne cherche rien d’autre. Pas loin de moi, je retrouve ce garçon avec qui j’avais dansé quelques instants la veille. Je l’ignore. La boîte va bientôt fermer, nous nous rendons vers un autre club. Récent. Gay à la base mais avec davantage d’hétéros en réalité. Une inscription sur le mur précise qu’il s’agit d’une boîte à prédominance gay et qu’il s’agit donc d’afficher une tolérance…
Nous dansons quelque peu mais la fatigue se rappelle à nous. Le garçon de l’autre boîte est également arrivé. Il vient se poster près de nous. Je me déplace un peu plus loin. Il nous suit.
Il finit par s’adresser à moi. En français. Un gantois qui travaille dans l’île. Il me dit ne pas rechercher de trucs à 3. Mais en nous abordant, il nous a envoyé le message contraire. Je ne cherche pas à le convaincre. Je lui propose juste de nous accompagner à l’hôtel. Il fait mine de réfléchir et accepte.
Nous passons la journée de dimanche en sa compagnie. Il semble souffrir d'une certaine solitude sur l’île. Des rencontres possibles chaque soir mais qui s’éteignent rapidement, retour de vacances oblige. Un choix de vie qui me rendrait fou.
J'imagine que notre rencontre s'inscrit avant tout dans un contexte particulier: lui cherchant à combler un certain vide affectif et nous à conclure nos vacances sur une note légère et charmante.
De quoi vivre quelques instants d'une harmonie. Temporaire et d'autant plus belle.

Lundi

Jour de retour. Le soleil est au rendez-vous. Comme pour nous faire regretter de partir.
Etrange sentiment : il y a une semaine, nous voulions volontiers repartir et maintenant, c’est l’idée du retour qui nous rend mélancolique.
Arrivée à la maison le lendemain matin à 01.00. Au travail à 10.00.
Les vacances sont finies dès qu’on quitte l’hôtel. Pourquoi attendre davantage ?

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Vacances Canaries 2005 (part 3)

Jeudi

En soirée, nous allons jeter un nouveau coup d’œil dans le centre commercial où se trouvent tous les bars (gays). Davantage de monde. Dans le karaoké anglais, nous nous amusons à zieuter un jeune mec plutôt mignon. Il n’arrête pas de se retourner, timide, pour participer au jeu. La configuration assise du bar ne permet cependant pas les rapprochements. Le jeu finit par s’épuiser mais il a régénéré notre moral sur la clientèle. Nous attendrons le week-end pour envisager une sortie.



Vendredi

Les nuages sont nombreux. Le jour paraît tout indiqué pour une démarche plus touristique. Plutôt rare pour nous en l'occurence. Nous partons en voiture vers les montagnes, assez proches de la côte. Le trajet sinueux, le long des falaises, nous offre quelques vues magnifiques : espaces verts sur les versants illuminés çà et là par des rayons de soleil épars. Une végétation riche et variée : des amandiers en fleur aux orangers en passant par des cactus, palmiers, fleurs de Noël ou ficus géants.
Lors d'une déambulation en soirée, nous tombons par hasard sur un de mes collègues, P. Il nous explique les habitudes gays locales. Tout commence beaucoup plus tard que nous ne le pensions. Il nous renseigne les heures, les mouvements de foule au sein du centre commercial. Enfin informés, nous décidons d’aller jeter un coup d’œil l'heure venue.
Nous débutons par un bar. Vide quelques jours plus tôt. Le bar est rempli à l’intérieur et même aux abords. Une clientèle variée et relativement jeune (mais où étaient-ils donc ?). La musique joue (bien trop) fort une pop anglaise, qui me rappelle Londres. Les gens dansent avec décontraction et bonne humeur. Du monde, de l’ambiance, que demander de plus ?
Ah des beaux mecs peut-être ! Dans l’assistance, mon regard se porte rapidement sur un mec grand aux épaules carrées et au visage bronzé encore poupon. Il est accompagné d’un mec. Un peu plus âgé. Son mec visiblement. Pas mal. Sans plus. Je n’ai pas à en discuter avec L., j’ai vite compris qu’il regardait dans la même direction. Ce n’est pas une surprise. Je m’interroge sur le côté « naturel » de nos goûts quasi identiques question mecs. Le fait de partager la drague et le sexe extra-conjugual a-t-il fusionné nos désirs (nous incitant à chercher chez un mec ce qui est susceptible de plaire non seulement à soi mais aussi à l’autre) ? La réponse se trouve sans doute au milieu.
Nos regards furtifs ont attiré leur attention : des coups d’œil fugaces et ludiques répondent aux nôtres. Surtout du plus âgé. J’ai conscience qu’il s’agit de travailler autant celui qui nous plaît que l’autre, voire même plus. Au contraire de nous, ils discutent entre eux de la situation. Je sens poindre une hésitation : serait-ce nouveau pour eux ? Le plus jeune se met enfin à nous adresser quelques coups d'oeil plus appuyés. La distance qui nous sépare finit par se réduire. Ils dansent maintenant à nos côtés. La main le long du corps, j’effleure le pantalon du plus jeune.
La séduction en boîte m’a toujours paralysé : incapable de braver ma timidité, doutant de ma capacité à séduire. Mon émancipation en ce domaine date de quelque mois seulement. J’y ai depuis pris goût et confiance. Les mots de mon collègue quelques minutes plus tôt font également écho : il ne faut pas traîner pour tenter sa chance. Les gens sont en vacances et quittent tour à tour l’île.
Une respiration bien profonde plus tard, je le touche moins accidentellement. Un léger mouvement de sa main me confirme que le contact est bel et bien établi. Une minute plus tard, nous dansons à 4. Leur teint hâlé aurait dû nous mettre sur la piste : c’est la fin de leurs vacances. Mais nous n’aurions sans doute pas pu sentir que leur vol de retour vers Hanovre décollait dans deux heures, précipitant leur départ 5 minutes plus tard.
Nous retrouvons mon collègue dans le club voisin. La musique nous entraîne rapidement sur la piste. Pas loin de nous, un mec grand et très mince, aux cheveux noirs. Très beau. Au bout de quelques longues minutes de discrets échanges de regards, je me rapproche de lui pour danser. Mon collègue ne semble pas apprécier l'initiative: il avait ce garçon dans son collimateur. Je rejoins L. qui est obligé de se tenir à l’écart en raison des stroboscopes qui inondent la boîte. A mon retour sur la piste, P. et le garçon discutent ensemble. Just a game. Il est temps de rentrer….

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Vacances Canaries 2005 (part 2)

Mardi

Je me réveille avec une douleur au pouce. Je ne porte plus de plâtre depuis bientôt une semaine et j’ai suivi 3 séances de kiné avant mon départ. J’ai l’impression d’en avoir perdu le bénéfice en quelques secondes cette nuit lorsque je me suis mis à frapper le lit occupé par L. Il n’en a pas souffert et a mis du temps à réagir. Dans mon trip cauchemardesque, il se faisait agresser (frapper ?, étrangler ?, violer ?) par un individu qui avait pris place sur lui de tout son long à l’intérieur des couvertures. L’insécurité éprouvée depuis notre arrivée et surtout le souvenir de l’altercation de L. avec un autre garçon lors d’une soirée du week-end dernier ont sans doute favorisé sa survenance.
Ces vacances ne s’arrangent décidément pas.
Mais mon naturel pessimiste, catastrophiste a tendance à adopter une courbe rentrante depuis quelques temps (mois, années ?), certainement au contact de L.
Le premier signe d’amélioration se traduit par la possibilité de location d’un petit chauffage à l’hôtel. C’est la première fois qu’ils mettent un tel service à disposition. La boîte est toute neuve. Je me rends compte à quel point la chaleur constitue une source de qualité de vie pour moi.
Nous apprenons par ailleurs que c’est la période de carnaval dans la plus grosse ville de l’île avec notamment une soirée importante le vendredi. Une perspective de sortie qui s’offre à nous. Un ballon d’oxygène, rempli d’espoir.
Enfin, les vacances m’offrent l’opportunité de profiter d’un luxe que je ne me permets pas pendant l’année (faute de temps) : un bon petit déjeuner. Ce repas anodin en soi me plonge vraiment dans l’esprit des vacances et de sa tranquillité.
Le temps reste cependant assez froid à l’extérieur. Le soleil alterne avec des nuages. Nous décidons de faire un tour dans le centre commercial avant de rejoindre la plage l’après-midi. Le spectacle y est impressionnant : les dunes inspirent le Sahara. Autant le désert aride et infini peut m’inspirer dans son approche photographique et spirituelle, autant la répétition de trajets en son sein me fait peur. A bon prix, je m’épargne un voyage futur et profite aux maximum de cette découverte qui tend déjà à modérer ma déception initiale.
Nous finissons par nous retrouver derrière une des petites dunes créées artificiellement pour nous protéger du vent violent et froid qui nous oblige à garder une petite laine. Cet espace de dunes de 400 ha est désertique, tout comme l’île d’ailleurs. Enlacés dans le petit espace, nous nous autorisons un brin de romantisme. Le soleil couchant nous offre pour la première fois un bien-être, une parcelle de sérénité.

De retour à l’hôtel, nous constatons que nous avons présumé du soleil canarien : malgré le froid, des coups de soleil ont fait leur apparition. Comme souvent chez moi, c’est mon nez qui en a pris plein la tronche. Au dîner du soir, nous constatons que nous ne sommes pas les seuls : les peaux blanches se mêlent aux (très nombreuses) peaux rouges.

Mercredi

Le temps s’est quelque peu radouci. Le profil de notre journée ne change pas. Nous abordons les dunes d’un autre endroit et parvenons à trouver un endroit tranquille et chaud. Je profite enfin de la seule image que ces vacances m’inspiraient avant le départ : la possibilité d’un repos sous la chaleur bienveillante du soleil.
Le soir, lors du dîner, je constate que la population se divise en deux : les vieux (quoique la majorité soit venue lors du premier service) et les pédés. De plus de 30 ans. Pas franchement beaux. Je m’amuse de la décontraction d’un couple de bears, habillés d’un kilt un jour ou d’un pantalon en cuir le suivant. On les retrouvera le soir dans l’ascenseur, l’un confiant au second que leur réputation allait en pâtir vu l’heure (précoce) à laquelle ils allaient se coucher.
Un groupe de 4 italiens de 70 ans m’intrigue. Ou plutôt l’un d’entre eux. La copie conforme de Junior, chef de la mafia dans la série américaine Soprano. Même morphologie, tête et lunettes. Plus tard, je me retrouve soudain face à lui. Il me fixe l’espace d’un instant. Je continue ma route ; quelques frissons parcourent mon dos. Va-t-il devenir protagoniste de mon prochain

Posté par Morrissey à 20:25 - Histoire de Vacances - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vacances Canaries 2005 (part 1)

Ecrire le récit de ses vacances, peut-être un moyen de les solder. Le risque d’en effacer plus rapidement le souvenir. Mais aussi, d’un autre côté, une tranche de vie particulière. Celle du voyage, de l’inconnu, de la déception, de la surprise, de la quiétude, de l’incongru. Bref tout ce qui constitue le ciment d’une existence. Dès lors, pourquoi pas ?

Dimanche

Le départ pour les Canaries est prévu le lendemain.
Je ne me sens pas totalement à l’aise. Le trajet en avion me ronge d’inquiétude. Dans mes visions les plus morbides, je vois Ben Laden danser sur de la tôle accidentellement mal vissée.
Le voyage suggère une rupture totale : quitter sa vie, sa maison, ses amis. Avec en coin, l’idée qu’il s’agit peut-être du dernier. Je me soumets à un sort que je ne maîtrise plus. Tristesse et inquiétude devant cette sensation d’abandon que j’ai toujours détestée et qui finit par occulter la sensation douce que les vacances peuvent procurer.
Je pense souvent à Alex, rencontré 3 jours plus tôt. Une première prise de connaissance qui finit, sans surprise, allongés. « Waw » dit-il après. Nous n’avons sans doute rien à voir à cela. Tout s’est joué dans son propre désir, dans l’expression qu’il lui imprime. Sa motivation, son investissement, sa jovialité, son visage fin, son corps doux, ses yeux bleux évoquent Nez. Après ce moment magnifique, le doute pointe déjà. Quelque chose s’est produit. Une osmose particulière. Attention danger. J’ai envie de recommencer.
Il est revenu ce dimanche. Il nous a parlé de ce garçon, son amoureux potentiel. Par respect pour cette relation naissante, nous sommes restés sages. Peut-être aussi par peur de nous engager dans une relation plus régulière. Le désir était palpable. Alex ne se sentait en rien lié par sa rencontre. Avant de partir en boîte, il nous a embrassés goulûment. Ce charme dévastateur va faire souffrir bien des garçons. Là-bas, nous l’avons laissé retrouver son amoureux. Vingt minutes plus tard, L. (mon boyfriend) me confie l’avoir vu embrasser un autre garçon. Il nous a rejoint un court instant, nous avouant avoir « enroulé » deux, trois garçons mais sans sentiment derrière. Ce jeu révèle un furieux besoin affectif chez lui. J’observe son possible futur partenaire. Il renifle du poppers. Je jette un nouveau coup d'oeil deux minutes plus tard. Il porte à nouveau son flacon vers ses narines. Il ne me plaît pas. Les petits jeux me mettent mal à l’aise, je ne pourrais en rien y trouver mon compte. Je perçois poindre en moi aussi une part de jalousie, que je ne m’explique raisonnablement pas. Je le confie à L. qui m’avoue vivre les mêmes émotions. Ce garçon peut rendre fou. Le voyage devra nous le faire oublier, du moins sa présence dans nos esprits.

Lundi

Notre départ est programmé l’après-midi. Je veille à ne rien oublier. Notamment un Xanax. Le stress n’a pas oublié le rendez-vous. Le sentiment confus du départ, de laisser quelque chose (tout ?) derrière soi continue de m’accaparer. Le doute sur l’opportunité de ces vacances s’amplifie également. Pour conjurer les événements pénibles de l’hiver dernier, l’idée d’un repos au soleil s’est imposée. Je me sens globalement bien en ce moment. Tout cet argent n’aurait-il pas pu être utilisé pour autre chose, un autre voyage, ailleurs ? Le pressentiment d’une erreur envahit mon esprit. La vision du film « Ma mère » de C. Honoré l’a renforcé : on y voyait la clientèle gay du centre commercial proche de notre hôtel. Un genre que nous n’affectionnons pas. Au contraire de ce que nous pouvions trouver ce week-end à Bruxelles. Pourquoi partir si loin ? Je crains que L. me tienne coupable du choix des vacances. Il m’a suivi dans la démarche de ce repos au soleil en cette période de l’année en pensant surtout à moi et m’a laissé l’initiative des réservations.
Après un vol sans encombre, nous arrivons enfin. Le temps est nuageux, la température fraîche pour l’endroit (16°). Déception. Le bus nous amène à l’hôtel. Notre arrivée a dû faire baisser la moyenne d’âge à 55 ans. Pour rejoindre notre chambre, nous devons traverser un nombre incessant de couloirs intérieurs puis extérieurs. Notre chambre doit être l’une des plus éloignées de la réception. A l’intérieur, je dois rapidement renoncer à retirer mon pull tellement il fait froid. Nous avons beau chercher un chauffage : il n’y en a pas. Le réceptionniste admet que le temps n'est pas à la fête mais affirme que demain ça ira mieux.
C’est la goutte d'eau. Je préfère anticiper la réaction de L. Je lui concède que j’ai dû commettre une erreur. Son côté optimiste me répond que non avant d’enchaîner sur « c’est une catastrophe » en rigolant. Je me sens soulagé.
Nous sortons le soir prendre un verre dans le centre commercial. Peu de monde. La clientèle gay semble disséminée dans les nombreux bars du complexe. L’ambiance globale s'en ressent. Seule animation notable, un bar à karaoké avec quelques travestis anglais, l'anglais en langue officielle et la clientèle…anglaise. L’atmosphère s’y révèle bonne enfant. Dans l’ensemble, la découverte nocturne du complexe livre un résultat un peu maigre. Nous n'en avons cure: nous avons décidé de nous satisfaire de petits plaisirs.

Posté par Morrissey à 20:19 - Histoire de Vacances - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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