Mo's blog

Des choses à dire...

13 août 2007

Confusion

Etrange période. Les préoccupations demeurent les mêmes en cette période estivale (le goût des vacances passées et futures, le besoin de rupture magique du quotidien, l'attrait de peaux tannées et de corps mieux dessinés sous les étoffes légères) mais elles se perdent dans leur infinie répétition.
Le monde s'agite autour de nous, interagit avec nos comportements, nos choix, notre occupation de l'espace temporel et géographique. Les idées se bousculent, certains repères se mettent à vaciller (pour le meilleur ou pour le pire?).
Le désir transpire partout, dans les vapeurs moites d'un bar bondé, dans la brise légère d'une ruelle animée, le long des connexions cuivrées qui nous relient virtuellement. Mon esprit réclame de la patience pour l'aventure mais quelques poussées libidineuses me projettent dans l'arène. Derrière la volonté d'un contact social et émotif demeure bien ancré le désir primaire de découverte phallique et d'accaparement. Toi, gueule d'ange, laisse-moi déflorer ton intime virilité, te posséder un instant pour m'appartenir éternellement. L'animal se dressera devant toi sous des oripeaux d'être humain civilisé, digne de confiance - le pire étant peut-être dans mon cas l'absence de tromperie derrière l'apparence.
Le jeune et le moins jeune s'en donnent à c
œur joie. Sur le net, je réponds à leurs messages sans trop savoir pourquoi. Celui-ci aura bientôt 19 ans et n'a jamais osé concrétiser ses fantasmes. L'expérience s'annonce excitante. Il doit encore être convaincu, je m'y emploie en le laissant libre des initiatives et de leur rythme. Tout ceci se révèle pourtant laborieux. Le plaisir se fige, la sensation d'avoir succombé à la perversité me gagne. J'aimerais que cela n'ait pas eu lieu - même si je dois renoncer à toute conclusion hâtive, chaque cas est unique, ne jamais l'oublier.

Je me réfugie dans un roman. Le portrait de Dorian Gray. Le premier qui me dit encore que j'ai l'air d'avoir 22 ans (ils sont de plus en plus rares certes), arguant en filigrane que j'aurais vendu mon âme pour la jeunesse éternelle, il prend mon poing! Quelques jours plus tard, pourtant, je m'en abstiendrai (pour le bénéfice de 6 à 7 années accordé). Avouons-le, cela me plaît toujours autant.

Je ne suis pas Dorian, lui y correspond sans doute davantage. Ses cheveux devaient être horribles la veille, personne ne l'a regardé, me dit-il sur internet. Et le reste de la conversation à l'avenant. Je le laisse à l'inquiétude existentielle de ses 20 ans. Un mois plus tôt, nous nous étions étripés sur le net. Je l'avais un peu allumé sur son immaturité, il en avait pris ombrage. De l'orage, j'aurais pu transformer notre relation en tornade sexuelle mais je m'en suis abstenu. Le goût de la domination que j'aime éprouver à un moment donné bute souvent sur une soumission (sexuelle) trop explicite ou l'outrance de son expression. Les mecs fondent quand ils peuvent utiliser leur poing en moi, avait-il fini par me confier, prêt à devenir ma (notre) proie pour autant que j'endosse la posture dominatrice avant, pendant, voire après l'acte. Mais cette idée heurte encore ma fragile carapace se fendillant devant les atteintes aux émotions légères et délicates. Le décloisonnement potentiel me fait peur. Il n'est ni le premier, ni le dernier mec sexy, excitant auquel je renoncerai pour préserver mon équilibre intérieur. Et ces derniers temps, j'en concevrais même quelque regret. Confusion, étrange période. Mes très chers livres, espace de sérénité, je vous rejoins.

Posté par Morrissey à 18:38 - C'est arrivé un jour... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1