Août, mois des grands rassemblements familiaux.
Le paternel et sa seconde épouse accueillent dans leur nouvelle demeure à Cabrières la mère de ses enfants et son nouveau conjoint. Ses deux filles, son petit-fils les ont également rejoints au détour de leurs vacances.

A ce tableau, il ne manque plus que lui, le fils aîné, la figure médiane de ce noyau dur.
Pour combler son absence, chacun appose sa signature sur une carte postale en se fendant au passage d'un petit mot. "Un seul être vous manque...".

Deux jours plus tard, le courrier atterrit dans la boîte-aux-lettres que je relève rapidement ce matin.
Pour la première fois, elle ne m'est pas adressée, ne serait-ce que par l'inscription de mon prénom brièvement accolé à celui du fantôme de cette réunion provençale.
Le signal est clair, limpide. Le rendez-vous raté il y a quelques semaines semble avoir scellé mon sort. Jouissant d'un prétexte rêvé pour s'en dédouaner, ce gommage en règle ne consacre-t-il pas l'aboutissement d'un état latent depuis toutes ces années, mon cher L. ?
 

Même si le message est subtilement distillé, j’ai la nette et cinglante impression de ne plus exister aujourd'hui pour ta famille...