Mo's blog

Des choses à dire...

30 janvier 2006

Quand le blog nous dépasse...

La première interrogation qui s’impose en débutant un blog réside sans doute dans l’orientation que nous souhaitons lui donner.
Dans mon cas, je m’étais fixé pour objectif premier de combler une de mes frustrations, celle de voir mes réflexions sur le monde, la politique,… se perdre dans les limbes du néant sans possibilité de les exposer et de les confronter.
Quelques semaines plus tard, j’en découvris une autre facette, le moyen de se libérer du poids de ses états d’âme. Le déclic décisif se produisit plus tard en parvenant à exprimer une souffrance récente que je n’avais partagée qu’avec une ou deux personnes et que j’avais besoin d’expulser en m’ouvrant à un autre, quel qu’il soit. Il m’avait néanmoins fallu du temps pour oser l’aborder, pour m’autoriser à braver mes interdits. Parler de moi, de mes blessures cachées me paraissait à la fois inconvenant, insolent d’impudeur et totalement égocentrique, comme si en mettant en scène mon existence par l’écriture, je me conférais une certaine importance, considérant que ma vie valait la peine d’être racontée. Mes confidences constituaient un outrage à la pudeur et la modestie qui me furent inculquées par mon éducation.

Peu à peu, mon blog prit une tournure que je ne pouvais envisager au départ. Replonger dans mon passé, parler de certaines aventures personnelles dans un souci d’écriture plus nourri.
Dans ce modèle d’expression, je me suis progressivement rendu compte de la difficulté de courir plusieurs lièvres à la fois. J’ai mis en veilleuse mes pensées sur le monde et la politique qui s’articulaient soudain difficilement avec l’approche peu à peu définie. Je me voyais mal devenir un inlassable militant de gauche alors que je tendais par ailleurs à aborder de sujets plus universels. Et puis force est de constater que bien des gens développent nettement mieux que moi ces thématiques.

Au fil du temps, je me suis donc concentré sur une approche presque psychanalytique de moi-même, sous forme de bilan de mon passé, du plus ancien au plus récent.
En travaillant ainsi en amont, j’ai poussé récemment ma réflexion jusqu’à envisager ma pré-existence. J’avais marqué peu d’attention pour mon histoire familiale jusqu’il y a peu. Peut-être l’avais-je quelque peu dénigrée. Je suis finalement allé au-delà de ce préjugé en m’intéressant d’abord au point de vue purement factuelle des événements familiaux, ce concours de destinées qui me permet au final de rédiger ces mots.

En entreprenant cette démarche, je me suis rendu compte de la vérité de l’adage « mieux vaut tard que jamais ». Avec un arbre généalogique comme point de départ, j’ai rapidement dû concéder la perte d’informations utiles, envolées au décès d’un grand oncle il y a plus d’un an de cela. Je ne pouvais plus attendre d’interroger ma grand-mère qui n’est plus toute jeune et demeure ma dernière mine d’informations sur des générations aujourd’hui disparues (ou presque). Vendredi, je me suis donc rendu chez elle pour recueillir certains renseignements qui me serviront ultérieurement pour l’un ou l’autre article sur le sujet.

Si je m’attendais à pouvoir illustrer certains propos par quelques photos, j’ai été surpris par leur abondance, découvrant non sans fierté des portraits soulignant une élégance que je n’avais jamais alors imaginée dans cet univers familial.

papa

Je ne m’attendais pas non plus à  trouver des clichés de mon père lors de sa jeunesse, dont beaucoup ne ressemblent pas à son image d’aujourd’hui. Je découvre ses yeux en amande qu’il cachera bientôt par des lunettes.
Je ne l’avais jamais vu à cet âge, aussi bizarre que cela puisse paraître. Mes parents n’ont d’ailleurs jamais été très friands de cet outil. Il y a sans doute un côté démystifiant dans la démarche de montrer une image de soi, enfant ou adolescent, auprès de ses enfants ; une sorte de dévoilement qui a amené sans doute mes parents à rester discrets. Je l’ai déjà exprimé ici : découvrir la jeune personne cachée derrière l’adulte révèle pas mal de choses sur celle-ci. Le passé illumine le présent en quelque sorte.

Lors de la discussion avec ma grand-mère, au-delà des histoires qu’elle m’a racontées, toute une foule de détails ont saisi mon attention.
Le mélange des appellations quand on devient parents par exemple. J’ai compris fort tard dans la conversation que quand elle parlait de « papa », elle désignait tout autant son père que son mari…
Dans le récit d’histoires vaguement connues jusqu’alors, découvrir certains détails que mon propre père ne connaissait pas (à propos d’éléments pas si anodins que cela, comme la façon dont mes grands-parents se sont connus).

Dans cet écheveau d’histoire familiale à démêler, j’apprends beaucoup des non-dits, des ignorances qui trahissent tout autant les relations entretenues entre les individus qu’une certaine approche philosophique personnelle (au sens de la façon de concevoir la vie - la sienne et celle de ses proches).

Quand j’interroge mon père sur son passé, je perçois une différence d’intonation dans sa voix. Je ressens cette gêne qui ne lui ressemble pas, aguerri par des années de communications professorales. Il s’en tient souvent aux mêmes souvenirs, cachant au fonds de lui toute une série d’autres, consciemment ou inconsciemment. La pudeur élevée au rang de valeur ne peut pas s’effacer sous les salves de questions indiscrètes.

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Dimanche matin. Réveil brutal. Dans ma tête trotte encore le souvenir de mon dernier rêve interrompu.

Dans un lit familier, je me redresse. Le reflet du soleil envahit la pièce, les rideaux sont grand ouverts. Une luminosité de fin de matinée. L. est à mes côtés. J’aperçois deux chemisiers sur la garde-robe blanche qui me fait face. Ceux de ma mère. Je ne peux réprimer mes larmes. L. se réveille et vient m’entourer de son affection. Ce lit que nous occupons est celui de mes parents, cruellement absents. Nous avons pris place en tête de liste des générations prochaines à rendre l’âme.

Je me lève. Le soleil, tout aussi présent que dans mon rêve, m’apparaît bien moins pesant. A chaque période suffit sa peine. La journée s’annonce radieuse…

Posté par Morrissey à 14:32 - Histoire de Famille - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 janvier 2006

"Et Dieu créa la femme" (une vie antérieure Part 8)

viavant8

Dans la dernière ligne droite avant les études supérieures, le choix des options scolaires tend à s'affiner. La tradition élitiste locale préconisant l'orientation "mathématiques fortes", je suivis le mouvement, avec d'autant plus d'aisance que nous nous accordions plutôt bien les chiffres et moi.
Pour cette rentrée, je pris la résolution de me remettre en selle après une année en dilettante durant laquelle, anesthésié par le confort du retour à la maison j’avais accumulé un retard conséquent dans de trop nombreuses matières. Il est probable que le brave Ernest, voisin lointain à l’ouïe défaillante, ait perçu l’énorme soupir de soulagement poussé, un soir de début juin, à l'annonce de l’annulation des examens de fin d'année, grève des enseignants oblige. J'avais été quitte pour un avertissement et j’en tirais prudemment les conclusions.

Sophie (voir l’épisode 6) entretenait pour sa part une relation plutôt difficile avec les maths et son âme plus littéraire la conduisit logiquement à privilégier cette option.. A peine croisés, nos chemins commençaient déjà à se séparer. Ne fréquentant plus les mêmes cours, nos contacts s'espacèrent naturellement. Cet épisode ne devait toutefois pas être rangé dans la case "souvenirs d'école". Sophie m’avait permis de découvrir l’amitié et je ne pouvais assimiler notre relation à une rencontre fugace oubliée l'année suivante. Ce que j’avais partagé avec elle, je ne parvenais pas à le vivre avec les autres. Mes sentiments demeuraient intacts et elle semblait également soucieuse de donner une suite à nos contacts passés.

L’intégration au sein de ma nouvelle classe se déroula sans anicroche. Je réalisai rapidement que la fin de récréation avait effectivement sonné. Les ambitions flottaient allègrement dans les esprits déterminés de mes camarades de classe. Leur sérieux s’accompagnait cependant d’une dose certaine de bonne humeur qui, par chance, était affichée par de fort jolis minois.

Au fil des jours, j'appris à connaître l’un de ces propriétaires. J'avouais déjà un faible pour les caractères bien trempés et dans ce domaine, j'étais bien servi avec Anne qui manifestait un puissant désir de réussite. Quelque peu rigide au premier abord, elle parvenait à s’ouvrir davantage une fois les premiers liens créés. De ses grands yeux bleus se dégageait alors un regard vif dont l’intensité traduisait la considération qu’elle portait à son interlocuteur.
La révélation de mon attirance ne survint que quelque mois plus tard, au moment où Anne se mit à sortir avec un autre garçon de la classe. Je les voyais se bécoter ici et là dans les couloirs, dans les locaux avant les cours. Subitement, je devins envieux de ce garçon et je désirai cette fille, sous l'emprise d'une attraction irrésistible pour ce flirt parfait, jusqu'alors seulement identifié à la télévision.

Cet éveil à la gente féminine aurait pu servir de déclic pour initier une aventure identique mais je ne pouvais m’affranchir de mes doutes, de ma timidité maladive, de ma crainte irraisonnée de la réaction d’autrui (« et si je m’avérais gauche dans la démarche ? »). A ma décharge, pas mal de filles avaient déjà opéré leur propre choix tandis que les autres, célibataires, ne me plaisaient pas. En fin d’année, je commençai toutefois à apprécier les discussions avec la charmante Laurence, silhouette élancée, peau pâle et longs cheveux noirs.

A vrai dire, la femme qui m’impressionna le plus à cette époque était sans nul doute notre professeur de français. Excellente enseignante appréciée de tous les élèves, elle dégageait un charisme fou dès qu’elle prenait la parole de sa voix grave, souvent prompte à asséner quelques vérités bien senties.  La quarantaine sexy, bronzée, en (mini-)jupe la plupart de l’année, cette femme de pouvoir exerçait une réelle fascination sur nous, étudiants studieux d’une ville de province bourgeoise. Elle incarnait un autre monde, une liberté de pensée et d’agir. A titre d’illustration, elle continuait à se rendre en boîte de nuit et je ne fus pas particulièrement surpris de la voir danser sur un podium lors d’une soirée de fin d‘année - même si cela nous paraissait « anormal », en comparaison de la vie plus rangée de nos parents.

Je ne pouvais me départir de voir en elle une bombe sexuelle quand bien même l’acte avec ce genre de femme ne m’effleura jamais l’esprit. Son aura contribua cependant hautement à la tendresse que j'éprouve pour les femmes qui osent braver la misogynie ambiante pour affirmer qu’elles sont libres et sans tabou sur le sexe (bien qu’elle-même n’en fit jamais étalage).

Un jour, lors d'une de ses digressions que nous appréciions tant,, elle nous expliqua qu’elle aimait beaucoup Lambert Wilson, ajoutant ensuite, désolée, qu’il était « pédé comme un phoque », ce qui s'avérait souvent le cas des beaux mecs. Si cette remarque pouvait sonner comme de l’homophobie, je ne l’ai jamais envisagé sous cet angle. Elle incarnait trop à mes yeux LA liberté, ce "concept-de-vie" que je n’ai retrouvé plus tard qu’au sein du milieu gay.

Posté par Morrissey à 17:29 - Une vie antérieure (récit d'adolescence) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 janvier 2006

Un petit tour au festival gay de Bruxelles

Le 20ème festival du film gay de Bruxelles s’est clôturé ce week-end.
Une édition qui ne restera pas parmi mes souvenirs les plus inoubliables de l’année. Ceux qui ont rejoint, au moins une fois, les travées du Botanique ces 10 derniers jours comprendront aisément les réserves vis-à-vis de cet événement. Des ennuis réguliers dans les projections, des places mises en vente tardivement, une sélection de film sans le moindre appréciation cinéphilique.
Le festival semble en outre irrémédiablement figé. C’est le rendez-vous d’une vieille garde qui revient chaque année comme d’autres allument leur télé en début d’après-midi pour regarder Derrick. Ce manque de renouvellement peine à séduire les jeunes, grands absents de cette manifestation.
Peut-être certains d’entre eux préfèrent-ils la version alternative, le Pink Screen en mai. 
Le festival est également davantage un rendez-vous institutionnel et associatif, un mouvement beaucoup plus développé en Flandre qu’en Wallonie ou à Bruxelles.
A moins que tout simplement les jeunes ne se reconnaissent pas dans les manifestations de culture gay (au contraire des sorties étiquetées gay).
Par ailleurs, y a-t-il un intérêt à se pencher sur l’état d’un cinéma dit gay pendant plusieurs jours ? Quand c’est moins la qualité du film que son sujet qui prime, il ne faut pas s’étonner de voir apparaître un sous-cinéma gay dont le succès sera limité à sa diffusion ou non dans les festivals internationaux sans aucune portée au-delà.
Chaque année, je sélectionne de moins en moins de films.  Et le compteur s’est limité au chiffre 3 en 2006.

« 20 cms ». L’histoire d’un transexuel , Marietta, gêné par ces 20 cms qui en font fantasmer beaucoup et qui souhaite ardemment les faire disparaître pour se sentir enfin femme à part entière.
Un film inégal, qui a tendance à en faire trop, principalement dans des petites scènes musicales, nombreuses et trop longues, ne se greffant jamais dans l’histoire et coupant sans cesse le rythme d’un récit qui apparaît au final décousu. Si l’on fait abstraction de ce défaut, on peut suivre avec plaisir cette histoire à la fois drôle et dramatique, fort attachante grâce essentiellement à l’actrice principale, Monica Cervera, formidable, qui tient le film à bout de bras et diffuse un air de gaieté dans ce joli film minoritaire. A voir aussi pour le générique de début et de fin du film: Adamo chantant en espagnol!

Deux jours plus tard, rendez-vous pris avec Madame H. Nous pensions avoir droit à son nouveau spectacle, nous avons été bernés : il s’agissait seulement d’un film qui tourne autour de son personnage : « the sex of Madame H ». Si son spectacle précédent s'avérait assez drôle dans sa volonté de remettre en cause les représentations de la sexualité, en fidèle élève du mouvement queer, le film - avant tout celui de deux réalisateurs gays - ne présente pas le moindre intérêt.
Lors de la présentation, Madame H. a bien osé parler de film expérimental pour prévenir par avance le téléspectateur désemparé. Mais ce genre de terme est surtout utilisé pour rejeter toute idée de critique. A part quelques moments drôles finalement très rares, nous avons dû supporter durant une heure des pitreries ni drôles, ni intéressantes. Quand on aborde un sujet comme la sexualité, il convient tout de même d'y mettre un minimum de forme pour convaincre.  Le film se termine au contraire sur une impression persistance de mauvais goût. Voir Madame H sous toutes les coutures, c'est comme imaginer regarder Christine Bravo dans un film porno… On peut parler de tout mais quant à tout montrer, sans le moindre recul, ni la moindre élégance de représentation, il y a un pas malheureusement franchi par des petits branleurs.
La mode du « queer » balancée à toutes les sauces devient parfois assez énervante. Comme s’il suffisait de se revendiquer « queer »  pour faire « genre ». Ce mot semble devenu synonyme d’alternatif, sans la moindre profondeur, ni même parfois l'authenticité liée au concept originel.

Le dernier film devait constituer pour moi le moment le plus attendu avec la diffusion « d’Odete » du réalisateur du magnifique « O Fantasma ». J’avais rarement vu un film saisir aussi bien le désir. En choisissant des acteurs non professionnels, J.P. Rodrigues parvenait à dégager une authenticité remarquable. Un vrai auteur qui n’avait pas peur de désarçonner son public dans  sa dernière partie plus difficile d’accès.
J’avais déjà loupé « Odete » quelques mois plutôt lors d’une séance unique et comme le film n’est pas sorti en Belgique (le sera-t-il un jour ?), cette séance s’imposait à mon programme. Mais voilà que j‘apprends que la match de foot de mon équipe favorite a été déplacé à la même heure. Et comme chez moi, supporter mon équipe prime sur (presque) tout…

Sans le vouloir, j’ai remplacé cette dernière séance par un film regardé en DVD ce vendredi : « Crustacés et coquillages » et de Ducastel et Martineau. Le souffle de l’été rempli de joie de vivre, de légèreté et d’humour. De la poésie aussi comme cette magnifique scène à la gare entre Mathieu (Jacques Bonnaffé) et Beatrix (Valeria Bruni-Tedeschi, trop belle et émouvante comme à chaque fois). Le rythme joyeux et vagabond de la ballade en vélo de Beatrix est interrompu par la sonnerie de son Gsm . Elle se rend à la gare où quelqu’un l’y attend. Lorsqu’elle l’aperçoit, le temps se suspend et une onde de sensualité irrésistible se dégage sans même que les corps ne se touchent. L’amant peut faire irruption dans l’histoire.
Je n’ai pu m’empêcher de filmer cette splendide scène avec mon appareil-photo et vous la mettre à disposition ci-dessous. Même si le temps limité ne peut clairement saisir la discontinuité de cette scène dans la structure narrative du film, elle contient néanmoins suffisamment de force pour éprouver un peu de bonheur pendant 40 secondes. A vous faire aimer le cinéma à tout jamais….

http://s56.yousendit.com/d.aspx?id=0992TI4WRE0Y41ECO0YBAFKORJ

Posté par Morrissey à 19:14 - Musique, Films, séries - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 janvier 2006

La police et moi

Depuis quelques temps, après une ignorance réciproque de plusieurs années, je semble irrémédiablement poussé au contact des képis bleus.

Je pourrais utiliser la métaphore de l'aimant mais une autre approche de ce terme pourrait laisser supposer une certaine attirance à leur égard.

Ceci dit, je ne doute pas de l'éveil de fantasmes chez certains à la proximité de matraques et menottes, ou avec un peu de chance dans les rencontres, devant de beaux galbes saillants.  Voire même du plaisir du défi d'autorité qu'une telle interaction induit.

Chacun se positionnera à sa guise dans ce panel de réactions. En ce qui me concerne, j'ai ma petite idée comme vous allez le constater.

Tout a débuté pour moi par une brusque montée de fièvre (http://morrissey.canalblog.com/archives/2005/10/13/984461.html )

Cette mésaventure, je ne pouvais plus en entendre parler sans déclencher en moi en l’espace d’un instant une rage folle.
Au fil du temps, le facteur n'annonçant pas de mauvaise nouvelle, je prends espoir que la femme-flic n'ait finalement pas rédigé ce PV. Mal m'en prend de croire en la clémence d'individus dont le seul allant s’exprime dans ce qui peut donner cours à leur frustration. Le document attestant de mon infraction parvient un mois plus tard. J'ai l'occasion de réagir en répondant à un formulaire sur lequel la seule identification possible est celle d’un véhicule.
Je m’abstiens et préfère adresser un mail au chef de la police de Bruxelles-Ville, le bourgmestre (maire) socialiste, lui exprimant mon indignation devant ce genre de démarche répressive où le moindre faux pas serait banni. Il me répond quelques jours plus tard qu'il ne s'agit pas d'une consigne générale et qu’il faut en effet favoriser une forme de vie en commun sereine mais concède qu'il ne peut pas en faire plus pour moi. Je n’espérais rien d’autre.

Toujours énervé, j’attends le PV m’obligeant à payer 60 EUR pour une infraction ordinaire. La lettre me parvient finalement un mois plus tard. J’entrouvre l’enveloppe et aperçoit, effaré, le montant indiqué: 185 EUR. Avec pour seule explication, un article de loi et l’explication « mis piéton en danger ».  Moi-même!
Je suis bien décidé à  ne pas me laisser faire.
Et cette connasse, je devrais lui envoyer un albanais, tiens!
Je me rends une semaine plus tard au bureau administratif du Parquet, à la recherche d’une explication sur le montant exorbitant de la contravention.
L'employée me répond après vérification qu’il s’agit d’une erreur induite par la phrase "mis piéton en danger", le montant indiqué correspondant à l’infraction en tant que conducteur.

Cette flic l'a donc fait exprès pour semer le doute !
Soit, je finirai par payer 60 EUR, sans trop d'état d'âme.

Aujourd’hui, à l'endroit de ma contravention, je continue à traverser au feu rouge - comme tout le monde - prenant juste soin de vérifier l'absence de présence policière.

D'ailleurs je m'évertue même à en abuser. Plus je multiplie les infractions en passant au rouge, plus je diminue dans mon esprit son « coût marginal » et moins j'ai l'impression d'avoir payé un montant injuste.

Jeudi dernier, j’aperçois des flics au même endroit. Ils constatent que le feu qui nous fait face ne fonctionne pas. Devant l'absence de signalisation et de danger, je m'engage - bien que je sache qu'il est rouge théoriquement. L'agent m'interpelle arguant que je pourrais recevoir un PV pour être passé au rouge. Je lui réponds que je ne pouvais le savoir puisque le feu ne marche pas. Il sait qu'il n'a pas trop les moyens de m'embêter et me laisse finalement partir en prenant soin de m’autoriser de traverser le dernier passage-piétons au rouge. Une petite revanche par personne interposée !

Mon dernier rendez-vous avec la police survient le lendemain.
Je suis stationné au feu rouge au volant de ma voiture. Un agent me fait remarquer que j'ai mis mes feux anti-brouillards. Je m'étonne, pur accident de manipulation. Je vois arriver L. que je venais chercher au travail.

Il vient s'immiscer dans la conversation. Il me dit qu'il ne voit aucun problème. Le flic assure le contraire, précisant qu’il peut payer s’il le souhaite le montant d’une telle contravention : 185 EUR.
L. fait alors mine de partir sans me connaître avant de constater une évidence : je ne me rappelle plus où se règlent les feux anti-brouillards sur le véhicule! Il s'approche de mon volant et d’un petit coup résout le problème avant de s'en aller. Sauvé ! C'est finalement 50 mètres plus loin que je l'embarque dans la voiture, loin des yeux du policier…

A quand le prochain tour ?

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17 janvier 2006

Du bobsleigh en hiver

"Je le vois bien, tu es sur la mauvais pente", me dit-il.
Je suis surpris qu'il ait détecté cette inflexion. Même si elle est visible, L. a toujours eu tendance à se voiler la face à ce niveau. Sa remarque est un encouragement à me reprendre en main, pour une bonne part dans son propre intérêt. 
"Mais ça fait 15 jours que je plonge", dois-je lui concéder.
La pente n'est pas très raide mais savonneuse. Je cherche un appui pour freiner la chute mais je lâche rapidement prise, préférant me laisser emporter confortablement par l'élan plutôt que de m'accrocher vainement contre vents et marées. Je me réfugie dans une posture qui m'évite les désillusions d'une vie "vécue à la normale". Certes, je mets au point quelques tentatives de redressement mais la montée en neige ne s'opère pas si facilement.

Après la soirée de vendredi, le samedi n'apporte guère d'eau au moulin de ma reconstruction. Ma seule sortie de la journée se solde même par un échec: un film qui ne me plaît pas et une détestable impression de ne pas pouvoir exister à l'extérieur, l'envie de fuir, de rester dans mon monde.

Dimanche, je veux me donner une nouvelle impulsion. Je suis satisfait de m'être enfin vraiment reposé en dormant 10 heures d'affilée. J'accusais un réel déficit dans ce domaine. Je refais quelques exercices physiques, que j'avais un peu délaissés ces derniers temps. J'utilise même un masque anti-fatigue pour redonner un peu d'éclat à mon visage. L'après-midi, je me rends à un goûter chez un ami avec le nouveau pull que j'ai acheté aux soldes. J’y passe un agréable moment. Nous jouons à Pyramide, je me débrouille plutôt bien. On me complimente sur ma nouvelle acquisition. Je me sens mieux.

Le lendemain, je me lève avec la gueule de bois: fatigue (mais où sont donc passées les heures de réserve acquises la nuit auparavant?), une toux tenace, des craintes d’ordre dentaire et le poids d'une nouvelle semaine de travail avec son lot de responsabilités supplémentaires suite au départ d'un de mes collègues. J'ai bien reçu quelques bonnes nouvelles lors de mon évaluation mais elles ne compensent en rien un sentiment d'étouffement.

En fin de journée, je n'ai pas la volonté d’accompagner L. à la piscine. A son retour, il ramène avec lui un de nos amis. Je suis content de le revoir après le doute récent à son propos. Ils m'expliquent qu'ils ont vu un super beau mec là-bas, le gars n'hésitait pas à les regarder. Ils en rigolent.
Je me sens blessé par ces simples évocations. L. séduit alors que je ne m'en sens pas du tout capable en ce moment, il consolide une amitié au sein de laquelle j'ai l'impression de tenir la chandelle. Je referme immédiatement la coquille et m’éloigne de leur discussion. Je cause peut-être certains dommages à cette relation d'amitié mais je ne fais que me défendre avec les moyens actuellement à ma disposition. La solitude comme muraille contre les déceptions et attaques de la vie sociale. Je retrouve même dans mon comportement des pointes de réflexe masochiste qui me poussent à accepter de me faire du tort avec un malin plaisir.

Je prends conscience que je pourrais m'en sortir plus aisément en tant que célibataire. Avec L., je me fixe un point de comparaison face auquel je trouve un élément de dépréciation personnel permanent: le voir séduire, entretenir des amitiés, être flamboyant sont autant de fêlures internes.
Point de conclusion hâtive toutefois. La réponse est en moi. La seule solution acceptable en ce moment est de me mettre à distance pour ne pas jouer dans le même registre que lui. Me mettre en retrait, expérimenter les vertus de la patience (en veillant à ne pas trop me rapprocher du gouffre) avant le retour des beaux jours. Ceux où la conscience de ma propre estime réapparaîtra et rejaillira sur mon comportement. Ceux où par magie le contact interpersonnel ne sera plus un malaise à retardement mais bien une source d'épanouissement. Ceux annonçant le printemps peut-être…

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16 janvier 2006

Commentaires accessibles

Partageant actuellement mes nouveaux messages (ou presque) sur deux blogs, je n'avais pas jugé utile de laisser un accès aux commentaires sur ce blog.  Discrimination sans fondement et désormais abolie...

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15 janvier 2006

Un vendredi hivernal

Un vendredi froid et triste comme seuls peuvent nous le réserver janvier et février. Ce soir, L. se rendra à la fête de nouvel an de son employeur. Sa présence en fin d’après-midi perturbe mes prédispositions anticipatives : mon esprit s’est déjà préparé à une soirée solitaire. A peine m’a-t-il rejoint dans la voiture qu’il s’engueule avec un flic, évitant de peu une contravention. Le calme escompté vire à l’aigreur d’estomac. Il veut parler boulot, je souhaite me contenter d’un silence assisté.  Un soupçon de conflit larvé traverse les deux heures qui précèdent son départ. Je me suis réfugié sur le net. Il estime que je le délaisse. Certes je l’évite mais au fonds de moi, j’aspire à de l’échange affectif. Le moment ne paraît cependant pas opportun avec lui.

Le baiser furtif avant son départ sonne faux et ne parvient pas à combler la distance. Je l’aperçois de dos, la main sur la poignée. Je ne réagis pas, laissant échapper l’opportunité d’un rattrapage sur le pas de la porte. Je respecte la fatalité de ces moments où les ondes se brouillent et dont la seule issue consiste à renoncer à chercher la fréquence. En attendant que les câbles, dans une résurgence du souvenir de leurs liens passés, se reconnectent par magie pour assurer une fluidité propice aux échanges.

20 minutes plus tard, le premier en souffrance, je lui envoie un message. Une demande impossible à formuler en sa présence quelques instants plus tôt et que je m’autorise par le biais du langage écrit. Je lui confie mon humeur en quelques mots : « Dis-moi que tu m’aimes ». La réponse se fait attendre. Peut-être n’a-t-il pas entendu la sonnerie.

Je traverse une de ces périodes où le plaisir des sorties, le défi des rencontres, le goût de l’espoir ont cédé leur place à la crainte du contact externe, à l’écran de fumée noire sur tout projet à court terme, à ce besoin infini d’affection, de marques de reconnaissance.

Je tente d’échapper au vide angoissant d’une soirée mal engagée. J’envoie un court texto à un ami dont je suis sans nouvelles depuis une dizaine de jours. Sans réponse, je cherche une présence ailleurs. Sur le net forcément. Je chatte en conservant le masque de la sérénité et de la jovialité. Je ne réclame pas le moindre apitoiement.

Le moment paraît idéal pour rêvasser devant un épisode de Six Feet Under. Je connais le chemin - je l’ai déjà emprunté - menant vers la magnificence des émotions tristes et intimes, cette plongée dans la psychanalyse des sentiments humains que mon cœur grand ouvert, assorti d’une empathie évidente, peut assimiler sans trop de peine. Il convient juste de jouer le jeu, d’aller au devant de sa fragilité pour entrer en contact avec ces personnages, leurs sentiments complexes, un peu les nôtres. 

Moins d’une heure plus tard, je me poste à nouveau devant mon PC. L’ami à qui j’ai écrit un message s’est connecté sur msn. Je me demande s’il m’évite en ce moment. Je m’engage néanmoins dans une conversation brève et banale. Je suis prêt pour une fois à m’épancher sur mon état d’esprit. J’attends d’abord une réponse qui puisse en donner le coup d’envoi. Elle ne vient pas. Occasion ratée. Tristesse et désolation. Comme une mauvaise pioche, un choix du casting qui tourne au vinaigre. Veut-il vraiment de mon amitié, souhaite-t-il me confier la sienne ?

Je tente d’ignorer ces interrogations douloureuses en écoutant quelques morceaux mélancoliques. J’ai appris par le passé à en éprouver un certain plaisir. Je cherche une voix complice pour la circonstance. Je tombe aisément sur celle de Peter Walsh des « Apartments ». Avec elle, je peux faire sauter les verrous du contrôle social de l’âme. Son timbre parvient à déchirer l’artifice du bien-être, extirper les failles de l’être pour laisser la douce tristesse s’exprimer enfin sans barrière.

Un double bip retentit. Un message de 5 mots. « je t’aime mon amour ».

Même s'il ne comprend pas vraiment mes vagues à l'âme, je ne me sens plus tout-à-fait seul…

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13 janvier 2006

Le jour s'est levé

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Le jour s'est couché

Un soleil franc et bas. Une luminosité aveuglante, de fin de journée.
Sans doute de mois d'août, l'été prend déjà la tangente.

Des rayons intenses filtrent les fenêtres de la maison de mes parents, menaçants, assassins. Forcément.
Un corps est allongé sur le canapé de cuir gris du salon.

Inerte. Il ne se relèvera pas. Il s’agit d’un de mes bons amis, Nathan.
Des circonstances floues entourent le drame. Une dispute? Un accident?

Comment expliquer sa présence en ce lieu qui lui était inconnu ?

Je ne peux produire aucune réponse. Je présume juste de la responsabilité de mon père.

Je prends peur. Pourquoi ne le bouge-t-on pas de place ?
Mon père, maître chez lui, ne s'inquiète pas.
Tout le monde trouve-t-il cette situation si normale, ma mère, ma sœur ?

Je voudrais les bousculer un peu. Je gémis, j’alerte. Rien n'y fait.

Ils discutent tranquillement, regardent la télé en s'installant à côté du cadavre, sans la moindre gêne.

Ils finissent même par se poster sur lui pour disposer de davantage de profondeur sur le sofa.

Il faut cacher ce corps, bon sang!

Une voiture s’arrête dans l'allée. Sa forme vieillotte assez reconnaissable annonce l'arrivée de Greg, le petit copain de Nathan.
Il le cherche et vient nous interroger à son sujet.

Mon cœur qui bat. Ma conscience qui flanche.
Pas d'autre choix, il va falloir le retenir, l'empêcher d'entrer dans le salon. Mon père s'en chargera. Je resterai en retrait.

De longues secondes s'écoulent. J’aperçois par la fenêtre Greg repartir vers son véhicule. Mon père doit être parvenu à dissiper les doutes.

Je m’exècre.

Le danger reste bel et bien présent, il faut trouver une solution. Je ne supporte plus cette vision d'horreur devant mes yeux. Ce visage familier qui ne réagit plus.

Dégoût et angoisse intimement mêlés.

Des solutions s'ébauchent enfin, toutes cyniques. J’entends parler de traitement chimique pour le faire disparaître. Ou l'idée de le cacher temporairement dans la citerne à mazout de la cave. Au risque de propager des odeurs pestilentielles. Une solution peu concluante.

Le cauchemar doit prendre fin. Je prie pour croire en un mauvais rêve. Je me pince, sans succès.
L'immobilisme me rend malade. Je dois fuir. Cet esprit d'illégalité, de culpabilité anesthésie désormais la moindre de mes défenses.

De manière incompréhensible, ma famille se désintéresse complètement de cette tragédie.
Je n'ai d'autres choix que de quitter la maison, pour tout avouer. Me libérer. Et assumer le regard de Greg.

J’ouvre la porte et plonge dans une semi-obscurité trouble.

6.20 en lettres rouges. J’ai réussi à sortir du cauchemar. 

Le mal-être encore perceptible empêche de me rendormir. Une résistance morale.

Je tente de comprendre ce qui m'est arrivé.
Je n'ai plus vu Greg et Nathan depuis la soirée de nouvelle année où ils nous avaient invité.
La trame de l'assassinat d’un ami par ses parents fait écho à un épisode récemment regardé de "24".

Je ne parviens que médiocrement à débrouiller l'écheveau de ma sinistre construction mentale de cette nuit.  Dites, docteur, vous pensez que c'est grave? 

Posté par Morrissey à 18:43 - C'est arrivé un jour... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2006

Intérieur

Parmi les défis d’une vie de couple, celui de parvenir à préserver son individualité propre – principalement aux yeux des autres - s’avère sans doute le plus difficile à relever. A fortiori au sein d’un couple fusionnel et dont le partenaire affiche une personnalité séductrice, dévorant les relations sociales comme un lion face à sa proie.

Bien des frustrations m’ont accompagné lors des premiers soubresauts de ma relation avec L.

Le temps a permis d’atténuer les désagréments initiaux sans pour autant régler la question. Laquelle déborde bien entendu le cadre du couple pour rejoindre la nature des complexes humains : la difficulté à transmettre une image publique de soi à sa convenance, le manque récurrent de confiance en son être intérieur ou son physique.

Une enveloppe charnelle qui dans une période faste d’appréciation de soi, joue un rôle de catalyseur de bien-être, se transforme, une fois le doute réapparu, en ennemi intime capable de miner tout épanouissement.

Je déteste la pâleur de mon visage émacié en hiver, ses traits qui semblent trahir à la face du monde un désarroi intérieur et j’envie cette peau mate aux invitations torrides.

Je marche, je danse dans un corps déglingué que l’harmonie a lâchement abandonné. Pourrais-je encore atteindre la poésie de la démarche aérienne de ce garçon?

Pourquoi mes vêtements ne forment-il pas une deuxième peau comme sur lui?

J’ai souffert et souffre encore lorsqu’un garçon regarde davantage L., le reconnaît en premier en rue ou en boîte ou parvient à nouer un contact plus intime, plus spontané avec lui. Pourquoi ne m’appelles-tu pas moi aussi ?

Quand la frustration de ne pouvoir donner la pleine mesure de mon être physique ou spirituel fait jour, je me réfugie, soulagé, dans mon blog, cet endroit où je n’ai pas à craindre mon apparence, à l’abri du monde extérieur et de ses attaques récurrentes bien que souvent non intentionnelles.

Dans ces moments de retraite intérieure, l’écriture se révèle ma religion, elle sauve mon âme, mes états d’âme, elle rend certaines épreuves moins vaines. Par des mots, mon existence prend sens. Je dévoile ma seule et véritable identité, authentique, à prendre ou à laisser. J’adresse ma part de sentimentalité cachée à un autre, inconnu. Je suis cet anonyme qui affiche une image pixelisée, la mienne par honnêteté, mais dont je me débarrasserais volontiers.

Certes je suis virtuel mais j’existe. Je suis virtuel mais je m’offre nu, sans artifice.

Quand la vieillesse flétrit nos corps et la mort la décompose, dans ce mouvement irréversible vers la dématérialisation, l’être n’a d’autre choix que de se recroqueviller vers un dernier rempart, sa part intérieure, celle ici partagée depuis quelques temps et pour quelques temps encore, avant d’elle-même se tarir au gré des sentiments fanés d’une vie qui ne vaudra plus la peine d’être racontée ou ne pourra plus l’être car elle aura simplement disparu.

Il subsistera alors juste la trace invisible d’avoir frôlé à l’une ou l’autre occasion quelques âmes sensibles.

Posté par Morrissey à 19:28 - Me, myself and I - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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