Mo's blog

Des choses à dire...

14 juillet 2005

Eternal sunshine?

Juillet, mois des vacances. Trop peu pour moi. Les collègues avec enfants sont absents, me laissant pour l’occasion leur part de travail. Il va de soi dès lors que le boulot accapare énormément de mon temps en ce moment. Je lance donc un appel pour l’année prochaine : personne ne peut me prêter un gosse pour l’été que j’ai de bonnes raisons de partir moi aussi ? Ou un gamin à adopter. Bon de ce côté, d’autres raisons me poussent à y voir un intérêt. Le débat en vigueur en Belgique a tendance à me rendre assez nerveux devant les arguments évoqués par les opposants à l’adoption par les couples gays et lesbiens. Mais c’est une autre histoire.
Le week-end dernier, j'ai pris un an de plus. Sans grosse fête contrairement aux autres années. Je n’en avais pas particulièrement envie et la détermination pour entamer les démarches m’a donc manqué. L. a bien tenté de mettre sur pied une soirée-surprise mais à cette période de l’année et en s’y prenant tard, l’initiative fut vaine.
Ma mère, en vacances en France, s’en est inquiétée. L’absence de fête s'expliquait forcément par une dispute avec L. L’anxiété, terreau d’une imagination fertile (je sais de quoi je parle et de qui je tiens).
Quoique. Après son coup de fil, nous nous sommes disputés deux fois. Avec pour résultat un verre cassé d’une part et un verre d’eau dans ma direction d’autre part. Il semble que la contradiction lui pose quelques problèmes tout comme mon peu d’entrain en matière d’activité domestique (je le concède mais cela vaut-il tant d’emportement ?). Un peu beaucoup en 3 jours. Mais quand on a pardonné le pire, tout cela paraît des peccadilles (même si je m’efforce de ne rien banaliser).
A ces événements susceptibles d’instaurer le doute quant à la force de notre couple s’est ajouté la péripétie « cinéma du soir ». Au programme de notre DVD : le magnifique « Eternal Sunshine of the spotless mind » de Michel Gondry. Le genre de film qui finit par vaincre vos défenses et vous submerger d’émotion. Au delà de son approche cinématographique convaincante, je me suis senti en phase avec l’idée que toute relation doit être vécue quelle qu’en soit l’issue, l’audace de revisiter les souvenirs - sans succomber à la nostalgie - par simple plaisir ou pour les détourner du sentiment négatif que des événements récents peuvent susciter. Et enfin cette vision d’une relation parsemée de hauts et de bas mais dont la force des moments forts surpasse tout autre souvenir.
A la fin du film, je me retourne vers L. pour lui demander son avis sur le film. Il m’assène soudainement : «j’ai bien aimé mais je me demande ce que je fais avec toi ». Il tente de m’expliquer : « ce n’est pas avec toi qu’on va courir sur la plage en hiver en s’envoyant des boules de neige ».
Je ne réponds pas. Oui et alors ? I am what I am. Ou plutôt, je suis ce que nous avons créé. Le produit d’une relation qui souffre sans doute de son romantisme bridé, de ses associations coupables « tendresse-faiblesse ». Comment distinguer la part naturelle (personnelle) de celle construite dans mon approche parfois distante, pudique du contact sentimental ?
J’en viens à me poser d’autres questions. Notre couple tient-il pour de mauvaises raisons (par la peur d’être seul, par manque de courage, par facilité) ? Ma croyance en notre couple est-elle plus forte que la sienne ?
Malgré ces interrogations, je reste convaincu qu’il finira par s’approcher de moi, posera ses bras autour de mon cou et me confiera, sans nous faire face, qu’il est idiot de dire des choses pareilles, que ces petits détails ne sont finalement pas si importants. Ses réactions spontanées, je les associe à une forme d’immaturité. Sous les draps de la distance apparente se tapit un amour qui se communique mal mais dont la flamme intérieure loin de se consumer vibre encore et toujours. Enfin je le crois.

Après tout, une histoire ne livre ses vérités qu’à la fin…

Posté par Morrissey à 09:18 - Une vie à deux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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