Mo's blog

Des choses à dire...

24 mars 2005

Angoisse

La grand-mère d’une amie décède dimanche dernier.
Une connaissance vague meurt d'une hémorragie cérébrale lundi.
Un épisode de la « Maison Blanche » s’attarde mardi sur la maladie dégénérative d’un des principaux protagonistes.
Je regarde ce mercredi sans doute l’un des épisodes les plus sombres de « 24 heures chrono ».
Trop de morts, de destins brisés pour la plupart, en si peu de temps. La prégnance de cet instant cathartique dans mon esprit installe à nouveau le sentiment de doute et de crainte.
Comme souvent, l’anxiété latente se déplace vers d’autres sphères.

Alors que je constatais quelques heures plus tôt que je n’avais plus été malade depuis longtemps, je me mets à ressentir une gêne au pied. J’imagine soudain le pire pour cette gêne banale. Le catastrophisme sur ma santé va-t-il faire à nouveau surface ? Une douleur à la gorge apparaît en réaction sans doute à la fatigue lancinante de ces derniers jours. Je pense à une prise de sang.

En revenant chez moi hier soir, le voisin d'à côté me révèle une tentative d’infraction dans son petit hangar situé dans le jardin. Nous n’avons jamais vraiment prévu la possibilité d’intrusion chez nous par le jardin mais le chantier actuel à l’arrière a peut-être donné des idées à certains. L’absence de protection efficace contre ce risque éveille en moi la perspective insécurisante d’une présence étrangère non souhaitée chez moi ainsi que de la perte potentielle d’objets personnels auxquels je tiens.

L’angoisse a irradié désormais tout mon être. D’urgence en prendre conscience pour désamorcer ce processus et l’empêcher de proliférer…

Posté par Morrissey à 10:09 - Me, myself and I - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Six Feet Under

6feet

Ce soir, seul devant la télé (L. s’est couché tôt miné par la fatigue et un début de maladie). Je regarde l’épisode final de la 3ème saison de Six Feet Under.
Magnifiquement beau. Magnifiquement triste.
Du PC, j’aperçois la cuisine éclairée d’un nouveau néon jaune que L. a installé ce week-end. J’ai l’impression de me retrouver dans celle des Fisher, pièce-maîtresse dans le dispositif de cette série.
La raison devrait m’empêcher de la regarder. Trop mélancolique. Trop axée sur la mort, la disparition, l’abandon. Trop en fusion avec mes angoisses.
Je me l’interdis parfois. Quand mon état émotionnel ne me le permet pas.
Aujourd’hui, je me sentais apte à la regarder. L’émotion (ou plutôt son trop plein) a fini par prendre le pas.
Mais pourquoi ce retour inlassable vers cette série?
Un désir masochiste ? Assurément pas.
La mélancolie ressentie à la vision ou l’écoute d’une œuvre ne constitue qu’un écho de notre caractère qui en est empreint au plus profond.
Pour autant qu’on ne s’y prélasse pas continuellement, elle nous laisse entrevoir la possibilité de capter la beauté dans la tristesse des événements, d’éprouver la chaleur devant la froideur des corps, d’expérimenter la compagnie dans la solitude émotionnelle. De donner sens (sang ?) à la vie malgré la mort. De révéler l’amour.
Cette série m’a rappelé combien je tenais à L. Qu’il était celui dont je ne pourrais me passer. Celui dont la séparation finale m’est la plus insupportable.
J’ai aussi découvert combien certains êtres m’avaient bouleversé. Après certains épisodes, j’ai cherché leur trace dans mes mails, sur msn. Ils n’étaient pas présents. Ils me manquaient.
Fondamentalement, j’ai constaté que mes angoisses n’étaient finalement pas tant centrées sur moi mais avant tout sur la perte des autres. Et quoi de plus beau pour une œuvre que de susciter l’ouverture à l’Autre. Corps. Ame. Vie.

Posté par Morrissey à 00:02 - Musique, Films, séries - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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