Mo's blog

Des choses à dire...

15 mars 2005

Post-adolescence

Je lisais récemment sur un blog la distance que son auteur éprouvait désormais par rapport aux garçons de 18 ans. Loin de la désinvolture, l’innocence que ceux-ci évoquaient à ses yeux, il aspirait au retrait et au silence.
L’âge, les expériences de la vie nous amènent forcément à changer, à entrevoir les choses sous un angle différent. La dernière mode peut nous échapper. Certains amusements paraissent irrémédiablement figés à un âge désormais bien révolu. Le travail nous assigne des horaires et nous fait perdre une autonomie qui nous permettait, étudiant, d’organiser le temps à notre guise (ce que certains ne parviennent d’ailleurs pas à gérer sur le plan scolaire). C’est dans cet espace temporel sans échéance à court terme, dans cet ennui potentiel que peut se déployer la liberté : liberté de création, de penser, d’agir.
Mais d’une autre manière, je ne me suis pas retrouvé dans sa vision. Un jeu de yo-yo s’est installé ces derniers temps dans ma vie : d’une part, l’envie de conserver ou renouveler cette légèreté que l’on associe généralement à la jeunesse et d’autre part la volonté de chercher du sens dans des activités ou sujets plus sérieux, assumer une certaine sagesse, découvrir le chemin qui m’assurera le bien-être dans mon vieillissement inévitable.
Et force est de constater que c’est bien le premier but qui accapare mes préoccupations en ce moment. Sorties lors desquelles je peux m’amuser en dansant comme un gamin, en aguichant comme un jeune premier, recherche de la compagnie de gens plus jeunes qui apportent spontanéité et fraîcheur de propos.

Illustration ce vendredi où nos étions de sortie avec un ami. Nous y retrouvons un ex-amant. (Digression indispensable). Difficile d’oublier sa présence. Alors que souvent les charmes se dévoilent et s’évanouissent dans la nudité des corps et l’expression des désirs, il a su, chose rare, conservé tout son mystère et donc son sex-appeal. Si le mot sexy devait s’incarner en une seule personne, je ne chercherais pas plus loin. Fascination non pas tant sur le plan sexuel que du désir. Peut-être car ce style n’est pas vraiment le mien généralement et m’ouvre ainsi une porte sur l’inattendu, comme un fantasme né d’une rareté. Mais sans doute aussi en raison de cet air détaché « petite frappe » qui, lui, constitue un fantasme plus fréquent mais qui ne se matérialise jamais en pratique, trop d’incertitudes, de craintes entourant sa matérialisation.
Bref, nous nous sommes amusés avec lui et quelques ami(e)s, allant jusqu’à offrir un baiser ou l’autre à sa meilleure amie. Bref, des choses qui ne me ressemblent pas ou ne me ressemblaient pas mais qui se sont imposées dans la bonne humeur. Peu importait le regard éventuellement posé sur soi (plus envieux que dédaigneux d’ailleurs), la musique pas franchement bonne. Ce n’est plus moi qui assistais à cette impossible coolitude mais j’en étais étonnamment acteur. La soirée pouvait se clôturer pour nous avant terme, seuls, sans que cela ne nous fasse regretter quoi que ce soit. Nous étions parvenus à nous réapproprier cette nuit que j’avais tant connu par le passé (dans cette « vie d’avant ») sans jamais alors en connaître son mystère, ses miracles.
Le fossé dont je parlais plus haut ne se ressent pas vraiment le lendemain. On mesure d’autant plus le bien-être que l’on questionne sa reproduction future. A 20 ans, tous ces moments paraissent éternels ; à 30 ans plus.
Vient alors ce lundi où on se demande ce qu’on fait là, au boulot… On se met à constater la libération progressive de toute une série de barrières qui ont entravé l’adolescence pour atteindre ces moments de bien-être qui confinent à la jeunesse éternelle. Les chérir comme s’il s’agissait des derniers. Plus le temps passe, plus on se sent armé pour vivre cette adolescence rêvée. Mais plus le décalage avec la vie quotidienne (et plus particulièrement la vie professionnelle) en est flagrant. Plus on se soumet au grand écart avec ce que sera une vie future plus sage…
Donnez-moi du délire, envahissez-moi d’ivresse, fournissez-moi des corps. Exultez. Expirez. Jusqu’au dernier souffle.

Posté par Morrissey à 23:40 - Me, myself and I - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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