Mo's blog

Des choses à dire...

10 octobre 2004

La mort en 2004

Si, à un certain âge, on découvre avec enthousiasme les plaisirs des premières fois, il arrive aussi un autre où l'on se rend compte qu'elles peuvent prendre une tournure bien triste également.
Il y a près d'un an, j'ai inauguré le premier décès d'un parent (père) d'un de mes amis. Etrange sensation que ce rassemblement qui va sans doute se reproduire de manière sporadique au cours d'une vie, qui rappelle que le temps qui avance rapproche progressivement nos propres parents de la mort.
Hier, je suis tombé au hasard d'une conversation, sur une autre révélation: la disparition d'une connaissance gay de ma génération qui se conjuge en outre avec le premier décès d'un "amant".
Par "hasard", c'est la même maladie a emporté ces deux personnes: ce sacré sida.
Dans le premier cas, le père maniaco-dépressif, s'est volontairement fait infecter par sa nouvelle compagne. Il est finalement parti le premier...
Dans le second, je ne connais guère les circonstances. Ce fut apparemment foudroyant pour lui en contractant une pneumonie.
Ce fut un choc pour moi. Car la mort glace toujours, la maladie rappelle combien le sida tue (d'autant que pas mal de séropo s'ignorent en ne faisant aucun test et se découvrent malades une fois que les symptômes sérieux apparaissent). Mais aussi bizarrement par le fait que cette nouvelle date d'il y a un an. Tout ce temps sans rien savoir, comme si la société de communication fonctionnait soudain mal devant un phénomène qui reste un tabou.
Quelques minutes après avoir appris cette nouvelle, je me suis retrouvé dans une fête de la région dont il était originaire. Je me le suis imaginé, la démarche nonchalante, venir me dire bonjour et parler trente secondes (plus de rien que de quelque chose sans doute). Mais au lieu de cet épisode anodin d'une rencontre vite oubliée, une absence a plané dans cette salle. Pesant, ce vide vient se rappeler constamment à la mémoire et seuls deux à trois fantômes feignent de l'ignorer: l'un rie, l'autre danse, le troisième embrasse, comme les autres garçons présents. Mais cette vision s'efface progressivement: la méconnaissance, l'inconscience, la malchance (que sais-je?) ont pris le dessus.

Posté par Morrissey à 22:53 - C'est arrivé un jour... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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